Nuit Debout Flamants : un emballement médiatique ?

Dans un texte publié il y a quelques semaines dans Gazette Debout, Félix Blanc revient sur l’expérience d’une Nuit Debout qui se tenait exceptionnellement aux Flamants, le 23 avril 2016, en présence de Fatima Mostefaoui (Pas Sans Nous) et d’autres associations de défense des quartiers populaires. Il a été suivi par un communiqué des Nuits Debout Marseille.

TEMOIGNAGE. Hier à Marseille, la Nuit Debout s’est déplacée pour la première fois dans les Quartiers Nord… où elle s’est pris une belle douche froide, méritée à plusieurs titres. Manque de préparation et de concertation en amont, emballement médiatique, cloisonnement de la ville… Tout a joué contre la réussite de l’événement.

À la lecture d’un compte-rendu du journal Le Monde, voici ma première réaction :dommage que les journalistes ne soient pas capables de voir leur propre part de responsabilité dans cet échec, eux qui ont pourtant largement relayé l’annonce de cette rencontre par ‪#‎nuitdeboutmarseille‬ sans vérifier l’information, ni se poser la question de l’accord préalable des associations et habitants de la cité des Flamants…

Dans cet article du Monde, j’apprends que « Félix, 31 ans » a découvert hier les quartiers Nord, comme tant d’autres habitants du centre-ville, largement sur-représentés hier. « Félix » était pourtant l’année dernière à la réunion de la coordination nationale de ‪#‎passansnous‬ qui se tenait alors à Malpassé, une cité voisine, où aucun journaliste n’était présent pour rendre compte d’un élan de radicalité politique à longue portée : la centaine d’habitants et d’associations des quartiers Nord s’étaient levés pour défendre leurs quartiers en demandant la solidarité du centre-ville (dont j’étais un des très rares représentants) face aux attaques répétées d’une mairie centrale incompétente en matière de politique de la ville, et d’un Front National qui ne cesse de harceler les habitants des cités depuis que Stéphane Ravier a été élu maire des 13e et 14e arrondissements.

 

Hier, par contre, les journalistes étaient tous là… Libération, Le Monde, L‘Express et j’en passe. Comme l’a rappelé avec verve Fatima Mostefaoui, coordinatrice de #passansnous, une rencontre a pourtant bel et bien eu lieu à Marseille, une rencontre qui en dit long sur la distance à parcourir pour construire un espace politique commun à tous les Marseillais… Une distance bien plus longue qu’une demi-heure de transport public (sic).

Marseille, une ville où les « gated communities » prolifèrent sur la peur et les clichés que véhiculent aussi les journalistes et les politiques, toujours prompts à éviter de se poser la douloureuse question de leur responsabilité dans le « confinement » des espaces sociaux et dans l’échec du vivre ensemble.

Pour conclure cette réaction à chaud, malgré les critiques de l’article du Monde, je tiens à répéter un point important : la rencontre entre les « Quartiers Nord » et le « Centre-Ville » a bel et bien eu lieu hier à Marseille. C’était une première du genre, et un seul mot d’ordre en est ressorti : partageons l’envie d’agir ensemble pour une ville et une vie meilleures ; n’ayons pas peur de constater nos divergences et notre inexpérience commune ; préparons-nous à converger là où nos droits doivent être défendus de concert.

nuit-debout-marseille_5586453Photo extraite de http://www.lexpress.fr/actualite/societe/marseille-greffe-difficile-pour-nuit-debout-dans-les-quartiers-nord_1785729.html

Marseillais, Marseillaises: faites de la Fraternité au Théâtre Toursky !

Oui ! Vous avez bien lu c’est de Faites qu’il s’agit. Comme d’un acte d’espoir en l’humain et de résistance à la « bêtise au front du taureau » (Charles Baudelaire). Nous avons travaillé ensemble artistes des deux rives de la Méditerranée, associatifs, citoyens engagés ici et ailleurs, pour que durant ces trois journées on donne à entendre, voir, confronter, ressentir, échanger des expériences, des créations artistiques, des cuisines et des points de vue sur ce qui fonde une vie collective ! Trois journées où fleuriront coopération, solidarité et fraternité… Comme un point de départ vers une campagne prolongée pour la fraternité, la solidarité et la coopération à Marseille, en France, en Europe, en Méditerranée…

Programme de la Faîtes de la Fraternité les 20, 21 et 22 mai

Vendredi 20 mai à 19 heures

Université Populaire autour du film documentaire de et en présence de la réalisatrice Carmen Castillo, On est vivants, 2015.

De quoi est fait l’engagement politique aujourd’hui ? Est-il encore possible d’infléchir le cours fatal du monde ? C’est avec ces questions, au cours d’un dialogue à la fois intime et politique avec son ami Daniel Bensaïd, philosophe et militant récemment disparu, que Carmen Castillo entreprend un voyage qui la mène vers ceux qui ont décidé de ne plus accepter le monde qu’on leur

Samedi 21 mai à 11 heures :

Accueil des associations.

Chaque association peut récupérer une table et deux chaises dans le hall ou sur les terrasses.

11 h à 13 h :

Conférence et débat sur les terrasses du Toursky, « Le château de sable de la coopération française face aux révolutions du Sud de la Méditerranée ».

Février 2011, début des Printemps Arabes – Février 2016, soulèvement populaire au Tchad. Depuis cinq ans, les mouvements révolutionnaires ont gagné progressivement la plupart, sinon tous les pays qui bordent le Sahel et la rive sud de la Méditerranée: Tunisie, Egypte, Maroc, Libye, Burkina Faso, Tchad, etc…L’Histoire a fait son chemin, où se côtoient actuellement des révolutions « réussies » (Tunisie, Burkina Faso), réprimées (Tchad, Egypte), détournées (Maroc, Libye), ou encore étouffées (Algérie, Niger). Les gouvernements français ont dans le même temps poursuivi, arrêté ou renouvelé des programmes de coopération (militaire, policière et judiciaire) avec les gouvernements « amis » de la France. Cette « fraternité des élites » détermine parfois la trajectoire de ces mouvements populaires. Marseille a toujours tenu une place particulière dans les relations entre les deux rives de la Méditerranée. Une place où se nouent des histoires de fraternité, de solidarité et d’entraides. Terre de migrants, cette « ville-refuge » accueille les conséquences sociales et humaines de la « fraternité » et de la « coopération » Made in France. Il sera l’heure de faire un nouveau bilan de cette coopération « fraternelle ».

Confirmés:
Hamza Mahfoud, activiste du 20-février et journaliste marocain

Abdelkerim Koundougoumi, représentant en France de la coalition citoyenne Trop c’est trop (Tchad)

Animé par Félix Blanc (chercheur en science politique) et Nina Hubinet (journaliste)

14 h à 17 h :

Exposition éphémère de peintures d’enfants de 4 à 12 ans sur les terrasses du Théâtre Toursky

Depuis 25 ans, l’association Arts et Développement place l’art au cœur de l’action sociale en allant chaque semaine à la rencontre des enfants des quartiers prioritaires, pour leur proposer une pratique créative : l’atelier de peinture de rue. Gratuit, ouvert à tous, sans inscription préalable, l’atelier s’installe dans l’espace public et accueille dans chaque quartier, toutes les semaines, 30 à 40 enfants. Des sorties culturelles et des expositions au sein du quartier complètent la démarche. Il s’agit de contribuer au développement des enfants par l’expérience de la pratique artistique et l’accès à la culture, et de créer du lien social entre les habitants.

14h15 à 16H15 :

Débat sur l’Algérie avec Dominique Wallon et projection du film Bla Cimina de et en présence du cinéaste Lamine Ammar Khodja Comment ne pas évoquer l’Algérie à laquelle nous lient une histoire douloureuse de la conquête coloniale à la guerre d’indépendance, et la présence ici de centaines de milliers d’Algériens à la recherche de rapports de fraternité?. Dominique Wallon reviendra, dans un bref débat, sur la période de la guerre et la lutte de l’UNEF, dont il était président, pour la paix et l’indépendance de l’Algérie. Lamine Ammar Khodja, dans son film Bla Cinima, donne la parole aux Algérois d’aujourd’hui qui parlent avec une formidable liberté de ton, de cinéma, de politique, mais surtout d’eux-mêmes, de leurs difficultés, de leurs déceptions et de leurs

16h45 à 17 h 15 :

Présentation d’un extrait d’un Opéra participatif avec le Vivier Opéra Cité

Point 22 de Marianne Suner est un opéra participatif avec des élèves de deux classes de CM1 et une classe de CM2. Cet opéra sera créé en 2017. Il implique des habitants des quartiers nord dont des adultes et retraités de La viste. Dans les solistes, on trouve un collégien et une lycéenne. Point 22 est une utopie autour d’une société imaginée au XXIIème siècle.

17H30 à 19H30 :

Grand débat citoyen sur la Fraternité « Marseille : égale et fraternelle » : une formule dont nos invités évalueront la
pertinence politique pour penser l’avenir de la cité phocéenne. Avant d’en discuter ensemble la portée générale, trois thèmes seront abordés avec les invités: l’urbanisme et la citoyenneté, à l’heure où les ‘conseils citoyens’ s’invitent dans les quartiers populaires ; les conditions et le partage du travail, après plusieurs mois de mobilisation contre la loi El Khomri; la défense des droits humains, en pleine tragédie méditerranéenne des migrants et des réfugiés.

Avec l’économiste Pierre Larrouturou, l’urbaniste André Jollivet, un intervenant de la Cimade,

Avec pour médiateurs : Félix Blanc (chercheur en science politque) et Claire Poze (urbaniste)

19h30 à 20h30 :

Improvisation et Rap par le Centre social Lamartine

21h à 21H45 :

Défilé de mode flamenca sur les terrasses par l’Association Horizontes del Sud

21H45 à 23 h 

Soirée sur les terrasses avec Cuisines et Cultures

De la musique Arabo-andalouse est au programme. L’association Cuisines et Cultures proposera une centaine de repas.

Dimanche 22 mai à partir de 11H

Parc Font Obscure 13014 Marseille

Pique nique participatif avec l’ensemble des associations, Fanfares et débats…

Contact – presse : Serge Alexandre au 06 18 58 94 18

Coordination pour les associations : Gérard Perrier au 06 10 99 71 54

https://www.facebook.com/events/1546184942343742/

Ces journées sont une coréalisation entre le Théâtre Toursky, les associations…les Chantiers d’espoir y ont mis leur grain de sel !

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Appel aux Citoyens : 1er appel pour un Débat Citoyen le samedi 21 mai au Toursky !

Chers Amis des Chantiers,
Chers Citoyens,

A l’occasion de l’évènement « Faites de la Fraternité », le samedi 21 mai au Toursky, les Chantiers d’Espoir vous proposent de continuer à progresser dans la construction du « nouvel imaginaire de l’utopie de la gauche » en nous ouvrant à un exercice de débat citoyen ouvert à tous, sur les thèmes que nous avions retenus lors de notre dernière réunion de travail le 23 janvier 2016 (Urgence sociale – Laïcité, Démocratie – Constituante, Europe – Transition énergétique et justice climatique).
Nous lirons les synthèses de nos tables de travail et recevrons les critiques et questions des nouveaux citoyens présents au Toursky ce jour-là, afin de débattre ensuite ensemble pour obtenir un progrès de nos réflexions.
Aux citoyens aux prises avec la société telle qu’ils la vivent, l’expérimentent, et la souhaitent plus juste, respectueuse et adaptée à leurs besoins, nous devons ajouter des spécialistes travaillant sur les questions sur lesquelles nous travaillons, afin de fixer nos propos à un principe de réalité. Nous avons ainsi besoin d’économistes, pour penser nos projets de façon concrète et pragmatiques. J’ajouterai également notre besoin d’entendre des urbanistes sur l’état de leurs réflexions, car leur domaine nous semble être un levier au mieux être en société, et à une reconsidération de chaque citoyen présent sur le territoire français.
Notre communauté de travail est déjà plurielle. Dans cette pluralité, réside la richesse d’une myriade d’idées, et de réflexions qui attendent d’être entendues, articulées entre elles, et soutenues. Mais dans cette pluralité, résident également des divergences. Nous pensons que dans un premier temps, les avis divergents devront être argumentés et analysés, afin d’être compris. Ils devront être respectés et collectés dans les comptes-rendus de nos travaux dans un premier temps, celui de la production de la plateforme d’idées et de projets.
L’heure est à la progression, nous devons avancer, produire, élaborer, orientés uniquement par notre projet de construction d’une utopie de la gauche en vue de l’offrir aux citoyens. Nous pourrons tout à fait, si les avis divergents persistaient, non pas les lisser, mais justement offrir jusqu’à la divergence de nos débats aux citoyens.
Pour ce faire, il nous faudra veiller à cultiver notre recherche toujours singulière, de l’éthique du bien-dire et à progresser ensemble, dans notre patchwork communautaire.
Notre idée est d’outiller les citoyens par des concepts, des repères, des points de vue, pour penser les problèmes de notre société, et de les équiper de propositions concrètes pour penser une vie meilleure, ensemble et pour chacun, sur le territoire français.

Ainsi, le débat citoyen du 21 mai 2016, organisé par les Chantiers d’Espoir, est pensé comme un lieu d’expression, de réflexions – sans craindre le débat contradictoire sur lequel nous nous appuierons pour produire les fruits nés des entrechocs de pensées – mais aussi et surtout comme un temps d’exercice du sens critique citoyen, afin de muscler nos pensées et avancer de fait dans nos précieux travaux utopiques *afin de reconstruire le processus démocratique*.

Kristell Jeannot, pour les Chantiers d’Espoir.
 *ajout de Nicolas Moysan

Atelier Urgences Sociales (23 janvier 2016)

CHANTIERS DE L’ESPOIR Janvier 2016

Atelier : URGENCES SOCIALES

Compte rendu

Participants :

Yves : association le ballon rouge

Christine : association le ballon rouge

Morgane : Musicienne

Antoine : Médecin

Jean Pierre : retraite, fidele du TOURSKY

Kristell : psychologue

Axel : agent territorial

 

L’atelier a permis de se donner une définition commune de ce qui, pour nous, représentaient des « urgences sociales ». Nous avons considéré ces dernières comme relevant des problématiques de l’exclusion et de la pauvreté. Elles sont ainsi à relier aux problématiques d’accès à un logement, d’accès au soin, d’accès a un emploi, à l’éducation etc…

 

Dans le contexte actuel d’augmentation des inégalités sociales, de déclassement et de mise en place de politiques libérales on peut s’interroger sur la question du délitement de certaines solidarités entrainant des personnes dans des situations de précarité puis de pauvreté telles, que ce dénuement partagé par un certain nombre peut alerter sur l’effectivité d’urgences sociales.

L’atelier auquel nous participions et le thème proposé nous a semblé être un thème déterminant. Peut être que cette question sociale est à la base de toutes les autres questions.

Peut-on répondre aux défis écologiques dans une société inégalitaire où une frange de la population n’a pas accès à un logement décent, à des soins de qualité (désert médical), à une éducation ? (souvent le tout est cumulatif !)

Pouvons-nous discuter sereinement des problématiques de laïcité quand la religion devient un outil de reconnaissance et de valorisation pour des populations au chômage pour lesquelles l’emploi, le travail, ne joue plus son rôle intégrateur ?

D’ailleurs la question de l’emploi (stable) est apparue comme déterminante en tant qu’outil participant à lutter contre les questions d’exclusion ; en permettant aux individus de bénéficier d’un revenu, de relations sociales et d’une utilité sociale.

Toutes ces problématiques semblent venir entre autres d’une crise de la redistribution qui créé un clivage de la société avec des personnes « riches » d’un côté et une paupérisation de l’autre.

Nous avons aussi fait le constat que la pauvreté était institutionnalisée. Que ce soit le minimum vieillesse ou allocation personne handicapée, ce sont des aides qui ne permettent pas de vivre convenablement.

Plusieurs propositions ont été évoquées :

  • Mise en place d’un revenu de base pour tous.
  • Augmentation des minima sociaux (au dessus du seuil de pauvreté)
  • Améliorer la transparence sur l’attribution des logements
  • Garantir l’accès à des services publics gratuits
    • Une banque publique
    • Internet comme service public ?
    • Ecole comme service public fondamental
  • Mise en place d’un guichet unique d’accès social
    • Faciliter les démarches administratives (souvent lourdes) de personnes parfois peu à même de les mener
    • Eviter la dispersion des personnes
    • Diminuerait ainsi probablement la stigmatisation des bénéficiaires.
  • Le soin n’est pas un bien comme un autre, il faut y être vigilant
    • Si en France cette conception reste majoritaire, une remise en cause insidieuse est en marche (non remboursement de certains médicaments, etc )
    • Prise en charge pour tous à 100% des soins médicaux.
      • Un exemple parlant est donné :
        • Cout du cancer en France : 17 milliard d’euros par ans
        • Cout de l’évasion fiscale : 80 milliards…
      • Reprendre la main sur la filière pharmaceutique pour éviter inflation des prix et la marchandisation sur des bases purement économiques de produits vitaux.
        • Exemple : vaccin contre hépatite C : très efficace donc cher alors que ca devrait être l’inverse !

 

En conclusion il nous est paru évident que seule une réelle volonté politique progressiste, en rupture avec la logique capitaliste pourrait porter le Sens de propositions visant à participer à recréer du vivre ensemble, des liens sociaux et relever le défi posé aujourd’hui par les urgences sociales.

 

LA LUTTE CONTINUE ;-)

 

(Réflexions complémentaires :

  • Nous ne pouvons déconnecter cette thématique de la question des choix économiques qui déterminent en partie les politiques menées et qui participent au processus d’exclusion
    • Nous proposons qu’un atelier sur les politiques économiques soit organisé.
  • Toutes les thématiques n’ont pas été abordées et les réflexions sont biens entendu non exhaustives. Aussi il nous a paru nécessaire d’ajouter que la question de la culture si elle n’est pas évoquée, à toute sa place dans ce thème)

 

 

Axel, Martigues

 

 

Démocratie, Constituante, Europe (23 janvier 2016)

Le 23 janvier 2016 s’est réuni au Théâtre Toursky un atelier « Démocratie et assemblée constituante du quartier à l’Europe »

3 sujets ont été abordés :

  • L’assemblée constituante pour une « Sixième République »
  • Les primaires à gauche pour 2017
  • L’Europe des peuples

 

L’assemblée constituante pour une « Sixième République

Nous sommes partis d’un constat partagé : la Cinquième République a été voulue « forte » pour se débarrasser de l’Algérie. Ce n’est pas une Constitution républicaine pour plusieurs raisons : rôle des ordonnances de 59 sur les pouvoirs du président en matières de défense, élection présidentielle au suffrage universel directe pour justifier le « pré carré » et l’absolutisme nucléaire, généralisation du vote uninominal, majoritaire et à deux tours qui ne favorise pas le « vote sincère » sur des idées et un programme porté par des représentants, etc…

Nous sommes passés très rapidement sur la tentative, déjà ancienne, d’Arnaud Montebourg et Bastien François. Hubert est alors intervenu pour faire un bilan des mobilisations autour de la Sixième République et d’un appel récent https://blogs.mediapart.fr/andre-bellon/blog/211215/faire-face-reinventer-la-democratie.

Cette proposition plus récente été développée sur http://www.pouruneconstituante.fr/

Elle propose de réinventer la démocratie par un soulèvement de citoyens autour de « cahiers d’exigences ». Il s’agit d’un mouvement national pour se mettre d’accord sur une méthode de discussion et de travail collaboratif, au moyen de plusieurs propositions développées sur le site.

S’en suit un débat sur les conditions historiques de possibilité d’un processus constituant. Tout le monde convient que les constituantes se sont produites à des moments de rupture de l’histoire. La situation actuelle voit la conjonction de plusieurs phénomènes : montée de l’extrême droite, dépolitisation, droitisation, professionnalisation extrême du personnel politique…Nous sommes devant la possibilité d’un clash politique : selon une étude du Cevipof : 80 % de la population demande un pouvoir fort, 20 % a de la confiance pour la droite ou à la gauche, 67 % ne fait confiance à personne… http://delitsdopinion.com/1analyses/les-francais-et-la-politique-desinteret-ou-crise-de-confiance-2633/

Christian a alors pris la parole pour indiquer que nous étions dans une période de bouillonnement avec la multiplication d’appels en faveur de la citoyenneté et de la coordination des luttes. Il ne faut donc pas parler de balkanisation mais de « bouillonnement » et faire fond sur la force commune qui se rassembler en France et au-delà. Le point délicat consiste à lui donner un horizon commun pour qu’elle puisse s’orienter dans l’action. Jean-Marie voit un signe d’un tel horizon dans le livre Commun, par Pierre Dardot et Christian Laval, paru chez La Découverte. Un livre qui marquera son temps.

D’autres lui répondent qu’il y a bien bouillonnement mais aussi balkanisation : pas de liens entre les initiatives de différents secteurs (Fralib, cop21, primaire) à la 6e république peut être un point de convergence. Mais quid d’une mobilisation européenne ?

La discussion se termine par une mise en garde : le changement de Constitution ne suffira pas à régler les problèmes : affaiblissement de l’Etat, multinationales, crise de la social-démocratie (transaction capital/travail), mise à l’écart des citoyens dans les campagnes politiques,…

Pour redéfinir ce qu’est la gauche et préparer un événement dont on ne sait pas quand il adviendra, il faut avant tout changer le rapport de force qui est la condition historique de possibilité d’un processus constituant : sans rapport de force, pas de changement favorable, comme le montre l’expérience islandaise où la fermeture des banques a été un préalable à la redistribution effective du pouvoir politique par un processus constituant ouvert aux citoyens.

 

Les primaires à gauche pour 2017

La bataille sera difficile et il n’y aura pas de constituante dans l’horizon politique actuel – les débats constitutionnels actuels accaparent l’attention. Christian rappelle que dans le programme du Front de Gauche en 2012, L’humain d’abord, il était question d’une constituante pour aller vers une 6e République avec l’implication citoyenne permanente. C’est le piège du système de vote actuel qui empêcherait de faire advenir cette idée dans le débat public.

S’engage alors une discussion sur les effets du système de l’élection présidentielle sur la dynamique constituante. Le régime actuel insiste à voter en priorité pour des personnes. Or, nous dit Thrasybule, il ne faut pas voter pour des individus mais pour des projets. Il faut chercher des rassembleurs, pas des préférés. Le système du vote uninominal à deux tours est celui qui, parmi tous, amène à la division. Il faut lui préférer un système de vote pluripersonnel et pluri-propositionnel, qui permettent de désigner des rassembleurs.

Une discussion s’entame alors sur les primaires en 2017.

Certains pensent qu’elles risquent de renforcer le bipartisme, anticipant sur certaines critiques de Jean-Luc Mélenchon parues le samedi 6 février dans Mediapart. Mais tout le monde convient que l’appel de Piketty a le mérite de mettre tout le monde d’accord sur un point : la séquence 2012-2015 été une erreur politique dont les conséquences pour la gauche exigent une profonde remise en question des principales formations se réclamant de la « gauche » (PS, EELV, Front de Gauche, etc.). Les primaires sont peut-être une mauvaise solution, mais elles posent le problème de fond : peut-on élaborer un projet d’émancipation sans transformer les conditions mêmes de la prise du pouvoir ?

L’enjeu principal est donc de transformer cet appel pour des primaires citoyennes en déplaçant le curseur pour en faire un processus constituant : l’urgence est avant tout de se mettre d’accord sur un objectif commun et sur des propositions d’action qui permettent aux forces d’émancipation de surmonter les désaccords ou mécompréhensions sur plusieurs sujets essentiels (Europe, laïcité, etc…).

Comment organiser un mouvement citoyen qui permette de réorganiser les pouvoirs en dehors du présidentialisme? La refonte des institutions est-elle l’aboutissement ou l’aboutissement de la réorganisation générale de la société ?

De bons argumentaires existent déjà pour favoriser le vote sur des programmes plutôt que sur des personnes, comme le souligne Félix, en référence à un texte paru en 2012 sur La Vie des Idées.fr. Reste aussi à trouver les conditions d’application de ce programme, en favorisant les comités citoyens de vigilance, à l’instar des comités institués pour exercer un contrôle citoyen de l’état d’urgence.

 

L’Europe des peuples

Le constat est partagé : nécessité de reconstruire l’Europe car il n’y a pas d’espace politique européen (parti, etc…) en dépit des récentes avancées sur les pétitions d’initiative citoyenne (non contraignantes pour la Commission). Le parlement européen est le seul parlement qui ne peut pas présenter des lois ; il faut détruire l’Europe en construisant une autre Europe. Sinon, c’est le retour des nations et l’extrême droite. C’est un projet réactionnaire.

Cette discussion se tenait le jour même du Sommet pour un plan B et dans un contexte où les projets de reconstruction de l’Europe fleurissent au quatre coins du continent (France, Espagne, Allemagne, Grèce, etc…)

Une condition est nécessaire à l’émergence d’un Europe politique : les mouvements sociaux doivent être à l’échelle de plusieurs pays et non pas dans un seul pays. Un débat sur le cas Tsipras s’ensuit : comment négocier ? Il faut se préparer à ne pas signer.

Et quelqu’un de dire alors : « on est souverainiste »

S’ensuit une discussion sur la signification du souverainisme. Certains pensent que la souveraineté se joue au niveau national, au niveau de chaque peuple européen. D’autres rappellent que la souveraineté se joue là où les peuples sont solidaires, qu’elle ne peut être que plurielles, rappelant l’origine du mot démocratie, renvoyant à une pluralité de dèmes, et non à la fiction du Peuple-Un. Face aux dérives de la mondialisation capitaliste – financière et marchande – et impérialiste – militaire et culturelle, se dessine une divergence entre les partisans d’un retour à la souveraineté populaire à l’échelle des nations, et les partisans d’une souveraineté populaire continentale, entre les peuples européens qui ont en partage un même destin depuis des siècles, voire même intercontinentale, entre des peuples que les océans et les mers ont parfois réunis, souvent divisés, et dont la libération est toujours passée par une solidarité d’émancipations sans frontières. Il resterait à approfondir les discussions pour dénouer ces tensions et imaginer l’articulation vivante des possibles, à l’image des premières esquisses de l’Atelier Europe des Chantiers d’espoir.

 

Félix Blanc, le 7 févier 2015

 

 

Laïcité

CHANTIER d’ESPOIR DU SAMEDI 23 JANVIER 2016 AU THEATRE TOURSKY à MARSEILLE

COMPTE RENDU DU DEBAT DE L’ATELIER LAICITE

 

Réflexions plurielles, regards  croisés, confrontations à partir d’expériences professionnelles, sociales ,politiques.

 

Hugo, prof de sciences éco et sociales au lycée Diderot à Marseille .Je suis confronté à la question de la laïcité à divers titres. Je lie la laïcité à la question du racisme et de l’intégration sociale, la réussite scolaire et le vivre ensemble. Avec l’aggravation des inégalités sociales et de perte des repères collectifs ,la laïcité pose problème car elle sert parfois d’arme pour enfermer des gens dans une communauté ,pour les stigmatiser.Ce concept émancipateur :chacun pense ce qu’il veut dans le respect de ce que pensent les autres est devenu un instrument de discrimination .

 

Jean-Paul, médecin généraliste dans les quartiers Nord et au centre de gynécologie sociale de l’hôpital de la Conception et à SOS Médecins . Je viens en recherche d’infos. Dans mon activité je me demande quelle attitude avoir à l’hôpital en face de certaines personnes. Je rencontre la ségrégation dans les cités et je me demande où est l’espoir.

 

 

Annie Claude, directrice d’un centre social  dans les quartiers Nord jusqu’à l’an passé. Les discours sur la laïcité peuvent être très différents à gauche. J’ai travaillé avec des hommes de la mosquée de mon quartier :on me l’a reproché(des élus de la ville).Jusqu’au va-t-on aller si on confond le combat pour la laïcité avec le racisme ?J’attends ici des clarifications collectives.

 

Marie, psychologue. J’ai longtemps travaillé à la PJJ qui s’occupe des enfants et adolescents délinquants. Pour moi, la laïcité faisait sens car elle permettait d’intégrer des personnes de cultures et de religions différentes, elle était inclusive et mettait en valeur le commun. On est aujourd’hui sur quelque chose qui exclue. Pour moi, les problèmes qu’on attribue aujourd’hui à la laïcité sont en fait ceux de l’identité. S’il faut à nouveau trouver ce qui nous rassemble dans notre identité, et non dans notre diversité, il faut probablement trouver ce qui peut faire sens pour tous et comment on se sent appartenir à un même groupe, que ce soit une communauté ou une nation.

 

Gérard, prof de lettres retraité ,administrateur du centre social St Gabriel (Marseille 14ème ).Ce qui m’a mobilisé c’est l’usage répété par le FN de la laïcité que je considérais comme un patrimoine de la gauche :le vivre ensemble ,la neutralité de l’Etat ,ce qui permet la liberté de conscience ,une forme d’émancipation .C’est remis en cause par des ennemis de l’émancipation humaine, partisans de la guerre civile (je les ai vus agir à la mairie de Vitrolles FN de 1997 à 2002 où j’étais prof au lycée dans cette ville ).De la même façon que Daech. J’ai fait venir JL Bianco (prés de l’observatoire de la laïcité) qui est un ami, cible de Valls actuellement, qui lui reproche son « œcuménisme ».Ce débat existait en 1905 entre les partisans d’une laïcité anti religieuse  et les partisans (Jaurès et Aristide Briant)  de la paix civile par la laïcité. Ce qui ne signifie pas la fin du combat philosophique contre les religions, la transcendance divine etc .. L’objet de la laïcité ce n’est pas cela  pour Jaurès et Briant qui ont gagné cette bataille politique en 1905.On se respecte on se parle même si on est en désaccord complet et qu’on pense que la voile est une oppression des femmes, que le blasphème est un droit … Ces débats ont eu lieu en 1905.Ils continuent aujourd’hui. C’est une question complexe :la France a été le pays le plus avancé sur ce sujet (ce n’est plus le seul aujourd’hui) grâce à la Révolution française ,avec le droit au divorce…Tout va ensemble. La neutralité  de l’état est confondue par les médias  (souvent menés par des ignorants )avec la religion cantonnée à l’espace intime. Or la loi de 1905 autorise les manifestations religieuses publiques dans les limites de l’ordre public (l’interdiction du voile intégral dans la rue se justifie ainsi par le besoin de pouvoir identifier une personne  et non par  un refus de ce qui serait une marque religieuse d’oppression). Les confusions sur la laïcité servent à mener une guerre intérieure ,comme l’état d’urgence  sert à préparer un changement d’état républicain en état policier.la question  de l’identité nationale et des racines religieuses chrétiennes de la France ,revendiquées naguère par Sarkozy ,est reprise par Valls aujourd’hui. Une bataille culturelle destinée aussi à accompagner la réforme du Code du Travail par Macron (en finir avec les protections  juridiques du monde du travail ) est un moyen de détournement de la question sociale. Par exemple aujourd’hui les condamnations à 9 mois de prison ferme des Goodyear à Amiens pour avoir séquestré des cadres ,décision de justice inédite depuis 1944.Les temps de crise font tout ressurgir plus fort et plus vite.

 

Sara (metteur en scène, retraitée). Je ne suis pas venue affirmer ici tout le bien que je pense de la loi de 1905 (je suppose que nous sommes tous d’accord la dessus) ni partager une expérience sociale que je n’ai plus par le travail. Alors quoi ? Si nous sommes réunis pour en parler c’est bien qu’à son sujet se posent plusieurs questions. Problèmes de compréhension par tous d’abord puis problèmes d’application à tous ensuite. Une application que je souhaiterais claire et ferme. Mais comment faire ? comment avancer sur ces deux points ? Sommes- nous capables d’imagination ? de propositions ? d’actions ? c’est ce que j’attends de tout regroupement se faisant sur ce thème. Je suis en recherche d’infos et de propositions pratiques.

(Chemsi Cherif Khan, turc, musulman et vivant en Belgique a écrit, propose et oeuvre dans ce sens. D’autres le font aussi et autrement dont l’expérience peut nous inspirer…).

 

 

Annick, prof retraitée ,syndicaliste et militant politique. J’étais à Vitrolles confrontée comme Gérard au FN à la mairie. Puis au lycée V. Hugo à la laïcité a été souvent évoquée .La loi de 1905 ne privilégie aucun culte et laisse libre chacun, permet le vivre ensemble et le maintien de l’ordre public. La gauche de la gauche est divisée sur ce sujet. On passe au racisme ce qui est problématique pour moi .Le FN a fait un hold- up sur la laïcité et la gauche n’a pas répondu…Je ne suis pas d’accord avec ce qu’a voulu  faire JL Bianco de l’Observatoire de la laïcité. Je suis plus d’accord avec Elisabeth Badinter. On critique toutes les religions et on traite l’islam différemment car l’islam est une religion d’une partie de la classe ouvrière et des plus pauvres. Moi je veux critiquer l’intégrisme musulman autant que   les intégristes catholiques quand ils attaquaient les centres d’IVG et d’orthogénie.Je reconnais le droit à l’existence à toutes les religions dans la République. Oui M. Le Pen s’attaque à l’islam et ne dit rien du catholicisme avec qui elle est liée.

 

Bernard ,militant de la LDH,  éducateur , directeur d’une maison d’enfants .Je ne  fais jamais part à un ado de la maison  de mes convictions politiques. On est dans des rapports de pouvoir .La neutralité des services publics est importante. La place du fait religieux dans une crise politique et sociale :refuge ? Avant de vouloir s’en prendre à l’islam il faut lui donner le droit  d’exister .Je milite pour qu’il  y ait des mosquées à Marseille et non des salles de prière dans des caves, pour les  cacher. Il ne peut pas y avoir de croyance non partagée. C’est un fait économique et social .Dans la limite de l’ordre public comme toute manif publique. Avant 1905 il y a eu de décennies de débat et 1905 est un bon compromis. Si on veut débattre il faut partir du cadre de la loi :liberté de conscience ,liberté de culte, séparation des églises et de l’Etat. L’essentialisme est une nouvelle forme de racisme :la façon  de s’habiller, la pratique religieuse. Je me raccroche à comment on peut vivre ensemble et à la nécessité du débat public. Surtout dans les quartiers populaires où il a tendance à disparaître.

 

Francis, qui a longtemps vécu au Maghreb et en Afrique plus au sud. Depuis les caricatures de Charlie je me suis beaucoup engueulé avec des amis de gauche sur ce sujet. J’ai pensé à mes amis musulmans en me disant :ils ne comprendront jamais ça. C’est une insulte pour eux. La seconde fois « tout est pardonné » dans Charlie :dans le monde entier on ne comprendra pas ça. Et il y  aura des morts. Voir au Niger au sud :une église a brûlé avec des gens dedans. Effet de ces caricatures : ça ne va pas .L’islam en France doit accepter la laïcité. Notre laïcité est une conquête et un acquis de 3 siècles de luttes .Pas dans l’islam. Il faut reconsidérer la laïcité aujourd’hui comme valeur universelle. L’humour est-il universel ?

 

Olivia, psychologue PJJ ,travaille à la prison des mineurs  de la Valentine. Je suis chrétienne pratiquante. Je suis militante de gauche. Il y a de nombreux malentendus. La vision de la  gauche de la paix par la laïcité ne me convient pas.Je pense que la neutralité doit concerner l’état et non les personnes. Je recherche une cohérence intérieure et je fais partie d’une association « Coexister »qui est dans le collimateur de Valls avec JL Bianco. C’est une association de jeunes qui luttent pour la coexistence active   avec des croyances et options philosophiques différentes pour essayer de s’écouter ,de s’intéresser aux autres.la laïcité est une loi qui a dérivé par une instrumentalisation  par le FN .Il faut revenir à l’esprit d’A. Briant qui a prévalu contre celui d’E.Combes. Je ne comprends pas l’interdiction du port du voile à l’école qui stigmatise les musulmans, une population particulière.

 

Hugo : on a tendance  à déconnecter la question de la laïcité ,de l’identité ,de la question sociale. Une erreur.1905 c’est le combat contre une église dominante, celle de la classe dominante qui a une emprise sur la vie culturelle, les mœurs, les valeurs ,les contenus à enseigner à l’école. L’identité religieuse des gens est une des dimensions de leur identité .La laïcité de droite est dangereuse (Badinter dit avec son aura intellectuelle :« ne pas craindre d’être traité d’islamophobe »).Valls dit ça aussi. Dans une situation de crise sociale ,la religion visée n’est plus celle qui dominait en 1905 ,amis ceux d’en bas .Ce n’est pas pareil. Charlie est devenu nauséabond ( voir la caricature récente du petit Eylan –l’enfant  réfugié syrien de 3 ans morts noyé -qui ,s’il avait grandi, serait allé toucher le cul des filles à Cologne !!!).L’usage la laïcité après les attentats contre Charlie a été un usage politique :les gamins de confession musulmane se sentent exclus par la France .On exige de leur part de manifester une appartenance à une communauté nationale dont ils ne perçoivent lus grand-chose dans les faits (les quartiers populaires).Sauf la carte d’identité. Pas les mêmes droits ni les mêmes conditions de vie. La laïcité est un moyen d’émancipation et on en fait  le contraire. Le repli communautaire est un effet de la domination. Les gamins au lycée Diderot ont peur , se font insulter dans la rue. Ils pleurent aussi le fait qu’au nom de leur religion on assassine.

 

Annick je suis contre à l’école  (pas à l’université où les étudiants sont majeurs )du port d’insignes religieux. Parce que nos élèves doivent se construire dans la stricte neutralité scolaire, sans pression aucune. La laïcité permet de construire le commun. Les musulmans sont les premières victimes des attentats par des voyous armés et payés  dans les pays du Moyen Orient. Il faut parler avec les jeunes et expliquer que la laïcité dans les quartiers  permet  aussi d’être ouvert à d’autres horizons comme celui de la lutte sociale et non celui du repli communautaire. Et je soutiens E. Badinter.

 

Bernard on est tous traversés par nos ambiguïtés. C’est complexe. A la LDH aussi :on a refusé à Marseille de se laisser embarquer autour de cette union sacrée autour de « Je suis Charlie ».Qui évite le débat public :les inégalités sociales sont là. Je suis pour la confrontation des idées avec tous.

 

Gérard propose 10 mesures pour  avancer sur la question laïque :

1/ Pour un débat public entre les différentes conceptions de la laïcité à gauche. Pour sortir des confusions et des manipulations, des falsifications de la loi de 1905.

2/ Pour ouvrir un débat sur laïcité et  déshumanisation sociale de façon indistincte des croyances ;

3/Refuser  la confusion laïcité –identité nationale .

4/Transférer le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur à celui de la Justice pour en faire un bureau de la laïcité de façon à déconnecter la sécurité de la question religieuse , et en faire un moyen public  de la neutralité de l’Etat .

5/ Discuter et mettre en œuvre des mesures contre les discriminations. (toujours annoncées jamais ou peu réalisées depuis 40 ans).

6/Remettre en cause le statut dérogatoire de la loi de 1905  d’Alsace-Moselle et dans les DOM.

7/Comment agir  au mieux pour la laïcité dans la vie quotidienne (ce que fait l’observatoire de la laïcité voir son site http://www.gouvernement.fr/observatoire-de-la-laicite) et la libre parole, sans officialité religieuse ou convictionnelle.

8/ Pour des libertés nouvelles  (sur la bioéthique, le droit de mourir dans la dignité et le choix de l’euthanasie).La laïcité s’impose par la liberté !

9/Dans les prisons, les hôpitaux ,l’armée ,les internats des écoles :les aumôneries doivent s’élargir  aux convictions non religieuses (réfléchir sur le sens de la vie par ex)

10/Aucune famille de pensée ne doit être officielle ,toutes doivent bénéficier de libertés concrètes  afin de révéler d’autres logiques que celle des valeurs marchandes et la dilution du sens.

Bref refonder la laïcité !

 

Jean Paul Dans les quartiers populaires il n’y a pas beaucoup de vie culturelle ,il en faudrait.

M ? Tout le monde a envie que ses enfants réussissent et être heureux .La laïcité ne doit  pas devenir une nouvelle religion. Les parents d’élèves à St Mauront se plaignent :la mixité sociale à l’école disparaît. Et dans des classes  on met tous les enfants avec des prénoms venus d’ailleurs (des ex colonies).

 

Bernard idem pour le logement social avec des stratégies d’exclusion par les bailleurs sociaux .idem pour la santé ,le travail ,les droits. Se battre sur ces questions- là tous ensemble. Le clientélisme politique des élus  a fait prendre un retard considérable dans les quartiers pop. Les trafics dans les quartiers entraînent les morts. On doit mener des batailles contre les discriminations :le contrôle au faciès ,racisme d’état. On peut penser à rebâtir un cadre politique qui nous conviendrait .Mais il faut dans l’immédiat se coltiner ce travail de fourmi dont a parlé Gérard  notamment avec la démocratie participative(CS ST GABRIEL et Table de quartier ) où on invite les habitants à se prendre en charge, à lutter contre l’impuissance et la  dé- liaison sociale. Je lis les mail des partis :c’est chaque fois pareil.. à la prochaine élection etc..(Rires nombreux).

 

Annick Les politiques de droite et de gauche ont laissé se ghettoiser les quartiers. Il y a eu moins de services publics et moins d’associations. Sarkozy a supprimé la carte scolaire :encore un coin enfoncé dans la mixité sociale par l’école. Ce sont greffés des problèmes religieux :au lycée V. Hugo voici 15 ans ne faisaient pas le ramadan. Et les grands vérifiaient .Idem pour les mini jupes devenues plus longues. On ne peut gommer cet aspect-là :le regroupement religieux. La  lutte  seule permet de s’en sortir pas la fermeture sur soi. Les protestants et les Juifs, religions minoritaires, se sont battus pour  la loi de  1905.

 

Gérard raconte comment dans les quartiers populaires se apaisent des choses extraordinaires .Cite l’opéra « Pas de quartier » un opéra chanté par les CM2 de l’école de la Busserine (14ème) avec Marianne  Suner qui afait venir des mères chanter  des berceuses pour apaiser les enfants  (http://le-voc.fr/creation-2013-pas-de-quartier/).

Il n’y a pas de raison de désespérer (voir aussi ce qui s’est passé à l’école des Flamants dans le 14 ème ,Cf lettre ouverte des parents en PJ ) contrairement à la vision  déformée des media.On n’a qu’un choix :ne pas baisser les bras !

 

 

GP pour l’atelier LAICITE du CHANTIER d’ESPOIR ,23 janvier Théâtre Toursky à Marseille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transition énergétique et justice climatique (23 janvier 2016)

CR transition énergétique

CR par Céline Paillart avec un commentaire de Patrick Magro:

« Céline, je trouve que tu t’en tires très bien. C’est assez fidèle . Le côté touffu de nos échanges est une réalité, aggravé par l’intégration de la thématique  » bien commun « . Certains thèmes abordés , en fait presque tous, sont sensibles et souvent éléments de division. Pourtant l’objectif de nos ateliers est au contraire ( pour moi ? ) de hiérarchiser tout ce qui divise et n’est pas l’ essentiel, afin de favoriser les convergences, ce qui n’exclue pas la controverse et n’implique pas le consensus systématique. Une manière de dire qu’il faudrait produire du commun en allant au bout ( si tenté que cela soit possible ) d’un sujet. Le jour où nous pourrons débattre sereinement , sans peur ni tentation politicienne, du passage des énergies fossiles au énergies renouvelables , avec dans l’équation -peut être une décroissance ? Mais planifiée et réaliste- et qui tienne compte de ceux qui sur la planète émettent peu de CO2, alors on aura gagné ! Mais le chemin sera encore long ,en partie à cause de la connexion entre les questions de fond et les calendriers électoraux , conjuguée à la superficialité de presque tous les médias. Pas à cause des partis en tant que tels. Je dis tout ça mais ne te propose pas de modifier ton texte, sauf sur 3 points à la fin . Peut être terminer en disant que pour être efficace il faudrait un groupe de travail stable, pugnace, ayant décidé d’emblée de ne pas se fâcher … ce qui n’a rien à voir avec le silence. Sinon 2 autres choses : 1) après propriété privée je rajouterai  » des grands moyens de production et d’échanges  » ou si la formule ( pourtant juste ) fait trop années 70 préciser à minima que cela concerne les biens communs qui ne sont pas des marchandises, tels que l’eau. 2) je remplacerai  » politiques de compensation  » qui risque de ne pas être compris par :  » a été abordé le sujet des compensations qui doit être manié avec précaution, et le plus souvent combattu, qu’il s’agisse des rejets de CO2 , des atteintes à la biodiversité ou des terres agricoles figurant comme telles dans les documents d’urbanisme et sacrifiées pour de mauvaises raisons , mais compensées  » . Je ne lierais pas la question de la compensation à celle de la démocratie participative , en chute du texte. Comme déjà dit ( redite assumée… ) , je terminerai plutôt par un appel à un groupe de travail stable, pugnace et pluraliste dans la durée. Je mets Gérard Perrier et Felix Blanc en copie dans un souci d’efficacité. Amicalement et à bientôt, donc . Patrick Magro